Comment faisait-on autrefois pour se laver alors que les logements étaient dépourvus de toute installation sanitaire ?

On ne se lavait que très rarement ou bien on se rendait dans des établissements publics. Ce sont les Grecs qui, les premiers en Occident, ont inventé le concept de thermes, des lieux publics où l’on venait se laver et passer du temps en commun. La pratique consistait à associer des bains d’eau froide avec des exercices physiques.

Les Romains ont pris le relais en privilégiant les bains d’eau chaude, ou tiède. On ne pouvait alors imaginer la vie sans aller aux thermes, lieux d’hygiène et de relaxation mais surtout incontournables espaces d’échanges et de sociabilité. 

Au Moyen-Âge, les bains publics connaissent une désaffection en raison de l’anathème jeté par l’église catholique. Pas seulement parce que des corps nus s’y prélassent mais aussi, parce qu’ils sont parfois mixtes et ainsi soupçonnés de favoriser le vice !

La médecine quant à elle stigmatise les bains publics parce que ces étuves chaudes seraient des vecteurs de transmission des maladies. La faculté considère en effet que la chaleur favorise l’ouverture des pores de la peau, laissant entrer dans le corps les maladies infectieuses.

C’est ainsi qu’entre la Renaissance et le XVIIe siècle, la population adopte ce que l’on a appelé la « toilette sèche » ou « l’essuiement »… Il s’agit de se frotter au moyen de serviettes imprégnées d’une solution d’eau alcoolisée. Et pour camoufler les odeurs, on abuse du parfum.

Augustin Fabre dans son ouvrage de référence « les rues de Marseille » signale qu’au XVIIIe siècle, il n’existait plus qu’un seul établissement de bains publics à Marseille, rue du Baignoir la bien nommée. Et de relater quelques spécificités de ces bains où la corporation des « baigneurs, étuvistes et perruquiers » était tenue d‘avoir « des marques visibles de son art pour la propreté et l’ornement du corps humain ». Ses boutiques devaient être « peintes en bleu, fermées de châssis à grands carreaux de verre, avec des enseignes portant des bassins blancs » pour bien identifier la profession.

Durant la seconde partie du XIXe, on constate un engouement pour la baignoire, ce qui va permettre le développement de l’activité des porteurs d’eau avec le bain à domicile. Le livreur transporte des seaux d’eau chaude sur une charrette et les monte à l’étage. Il n’a pas le droit de rester dans l’appartement pendant le bain et se repose sur le palier. Puis il vide l’eau sale dans la cour. Mais si par malheur, il renverse une goutte, il perd son pourboire…

Thermes des Camoins