L’évocation de l’incendie des Nouvelles Galeries à Marseille, revient souvent dans l’actualité. Pour quelles raisons ?

Certainement parce qu’il constitue l’une des plus grandes tragédies du XXe siècle à Marseille avec un terrible bilan de 73 morts. Mais aussi pour les conséquences engendrées par cet événement dans une ville qui a vu sa population multipliée par trois en l’espace d’un siècle, pour atteindre 650.000 habitants.

Nous sommes alors en 1938, le 28 octobre exactement, quand le feu se déclare dans les Nouvelles Galeries. Il s’agit alors du plus grand magasin de la région, situé sur la Canebière, juste en face du Grand Hôtel ainsi que du Grand Hôtel Noailles, établissements luxueux où descendaient toutes les personnalités de passage à Marseille.

Ce jour-là, le 35e Congrès du Parti Républicain Radical et Radical Socialiste se tient au Parc Chanot en présence notamment de ceux qu’on appelle « les deux Edouard », Daladier, président du Conseil, et Herriot, maire de Lyon, président de la Chambre des députés. Deux hommes qui vont assister stupéfaits à la débâcle des secours marseillais.

La Canebière se trouve encombrée par des milliers de badauds qui restent à observer le drame et gênent du même coup l'intervention des sapeurs-pompiers de la ville dont le commandant a été blessé quelques jours auparavant, tout comme son adjoint au début de l’intervention.

Le magasin est décoré à l'ancienne avec des parquets cirés, des tentures et des tapis épais qui ajoutent aux difficultés des sauveteurs désorganisés. De plus, l'eau arrive avec la faible pression d’un réseau dont personne ne semble connaître précisément l’étendue. Des renforts arrivent de toute la région, et c’est grâce à l’aide des marins-pompiers et de leurs bateaux-pompes venus de Toulon que le feu est enfin maîtrisé.

Cette catastrophe va avoir de nombreuses conséquences. « N’y a-t-il donc personne pour faire régner l'ordre dans cette ville ! » tempête Edouard Daladier. Le maire, Henri Tasso, est alors démis de ses fonctions et Marseille mise sous la tutelle d’un représentant du gouvernement, un préfet au nom prédestiné : Surleau, chargé d'administrer la cité.

Il est aussi décidé la dissolution du Corps municipal des sapeurs-pompiers de Marseille et la création, le 29 juillet 1939, d'un bataillon militaire de marins-pompiers pour protéger la ville. On met également en place une structure unique, dénommée « Administration de l’Assistance Publique » qui aura autorité sur les hôpitaux et sur les organismes sociaux. Enfin, il est ordonné la remise à niveau du réseau d’eau selon les études réalisées en 1934 par la Société d’Etudes des Eaux de Marseille qui deviendra gestionnaire du service de l’eau en 1943 sous le nom de Société des Eaux de Marseille.

Cet incendie qui fera près de 200 victimes a été le plus grave incendie du XXième siècle.